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La Parole de Dieu du Samedi de la 31e semaine du Temps Ordinaire A (07/12/2026)

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Lecture et Méditation

Lectures de la messe

Première lecture

« Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 10-19)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
    j’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur
à voir maintenant refleurir vos bonnes dispositions pour moi :
elles étaient bien vivantes,
mais vous n’aviez pas occasion de les montrer.
    Ce ne sont pas les privations qui me font parler ainsi,
car j’ai appris à me contenter de ce que j’ai.
    Je sais vivre de peu,
je sais aussi être dans l’abondance.
J’ai été formé à tout et pour tout :
à être rassasié et à souffrir la faim,
à être dans l’abondance et dans les privations.
    Je peux tout
en celui qui me donne la force.
    Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires
quand j’étais dans la gêne.
    Vous, les Philippiens, vous le savez :
dans les premiers temps de l’annonce de l’Évangile,
au moment où je quittais la Macédoine,
je n’ai eu ma part dans les recettes et dépenses
d’aucune Église, excepté la vôtre.
    À Thessalonique déjà, vous m’avez envoyé, et même deux fois,
ce dont j’avais besoin.
    Je ne recherche pas les dons ;
ce que je recherche,
c’est le bénéfice qui s’ajoutera à votre compte.
    J’ai d’ailleurs tout reçu, je suis dans l’abondance ;
je suis comblé depuis qu’Épaphrodite m’a remis votre envoi :
c’est comme une offrande d’agréable odeur,
un sacrifice digne d’être accepté et de plaire à Dieu.
    Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse,
magnifiquement,
dans le Christ Jésus.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 111 (112), 1-2, 5-6, 8a.9)

R/ Heureux qui craint le Seigneur !
ou : Alléluia !
(Ps 111, 1a)

Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

L’homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.

Son cœur est confiant, il ne craint pas.
À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

Évangile

« Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? » (Lc 16, 9-15)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
    Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
    Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
    Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
    Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

    Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens,
eux qui aimaient l’argent,
tournaient Jésus en dérision.
    Il leur dit alors :
« Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes
aux yeux des gens,
mais Dieu connaît vos cœurs ;
en effet, ce qui est prestigieux pour les gens
est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation de ce Samedi en profondeur…

Les thèmes proposés pour la méditation sont :

– La liberté de ne pas s’attacher aux biens de ce monde

– Le détachement nous rappelle que tout appartient à Dieu

– Rendre grâce pour tout ce que nous possédons


« NUL SERVITEUR ne peut servir deux maîtres » (Lc 16, 13), nous dit Jésus aujourd’hui dans l’Évangile. Des propos clairs et précis, qui n’admettent pas le moyen terme.  Celui qui veut être disciple du Christ fait en sorte que les biens de ce monde ne l’écartent pas de ce qu’il veut placer au cœur de sa vie. « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 13), poursuit-il. Nous voulons demander à l’Esprit Saint de nous aider à bien comprendre  l’invitation qu’il nous adresse. Le règne de Dieu et l’argent sont très différents. Nous recevons le premier qui nous ouvre aux autres ; en revanche, l’autre fait miroiter de multiples leurres, l’avarice, le désir démesuré de posséder, la confiance placée uniquement dans les biens, etc., pour nous enfermer en nous-mêmes.

L’effet immédiat, même s’il est éphémère, de l’attachement du cœur aux biens de ce monde, est la suffisance. Une fois que nous avons obtenu ce que nous désirions, nous jouissons l’espace d’un moment d’une gloire superficielle, bien que très voyante, voire bruyante sur le plan affectif. Cependant, ce refuge nous emprisonne petit à petit. Ces biens ne peuvent pas pénétrer jusqu’à notre cœur ni le nourrir. Au mieux, ils arrivent à l’anesthésier mais, tôt ou tard, nous nous réveillons pour constater que nous sommes tout seuls. Probablement, ces biens ne sont pas mauvais en soi, mais si nous en faisons de petites idoles ils prennent facilement les commandes de notre vie. Suivre Jésus comporte la joie de la vertu du détachement, jouir d’une utilisation harmonieuse des choses qui nous entourent. « Devenir ses disciples implique le choix de ne pas accumuler de trésors sur la terre, qui donnent l’illusion d’une sécurité, en réalité fragile et éphémère. Au contraire, cela exige la disponibilité à se libérer de tout lien qui empêche d’atteindre le vrai bonheur et la béatitude, pour reconnaître ce qui est durable et ne peut être détruit par rien ni personne (cf. Mt 6, 19-20) » [1]

Quelqu’un qui vit sans s’attacher aux choses, sans placer en elles son bonheur, se remplit de la richesse de Dieu, de son amour et de sa paix. Il n’a besoin de rien parce qu’il possède tout et lorsqu’il se sert des biens matériels, comme le temps ou ses talents, il en est reconnaissant, en y voyant des cadeaux ; il a ce dont il a besoin puisqu’en Dieu tout nous appartient. Il ne se les approprie pas, ni ne les retient. C’est pourquoi il en profite pleinement.


NOUS POUVONS demander à Jésus de nous apprendre l’art de prendre le risque de vivre en faisant confiance au soin qu’il prend de nous. À un autre moment de sa prédication, il a attiré l’attention de ses auditeurs sur les lys des champs et les oiseaux du ciel : jamais la nourriture ne leur fait défaut ni les vêtements, parce qu’ils vivent en Dieu, à leur manière (cf. Mt 6, 25-33). Il n’attend de nous qu’« un peu d’amour, pour qu’il déverse en abondance sa grâce dans l’âme de l’ami » [2]. Il lui suffit d’un brin d’affection pour nous remettre sa fortune. Dans cette affaire divine s’accomplissent à la perfection les propos de sainte Thérèse d’Avila : « Il n’y a pas de comparaison entre ce que vous avez donné et ce que vous allez recevoir » [3].

Jésus nous offre à tous la possibilité de jouir de la vertu du détachement, qui nous rappelle que tout appartient à Dieu. Chacun la vivra selon sa situation, dans l’abondance ou la pénurie. La situation concrète de chacun est la meilleure pour mettre sa confiance en Dieu. Lorsque l’incertitude, le doute ou la peur nous inquiètent, nous pouvons lui demander de nous convaincre que la joie ne dépend pas de la quantité, du peu ou du beaucoup ; de nous aider à bien graver en nous que « ce qui est nécessaire pour atteindre le bonheur, ce n’est pas une vie facile, mais un cœur plein d’amour » [4].

« Les desseins de Dieu ne coïncident pas avec ceux de l’homme ; ils sont infiniment meilleurs, mais ils restent souvent incompréhensibles à l’esprit humain. […] Nous ne devons certes pas attendre passivement ce qu’il nous envoie, mais plutôt collaborer avec lui, afin qu’il mène à bien ce qu’il a commencé à opérer en nous. Nous devons être diligents, en particulier dans la recherche des biens célestes. Ces derniers doivent se trouver à la première place, comme le demande Jésus : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice » (Mt 6, 33). Les autres biens ne doivent pas être l’objet de préoccupations excessives, car notre Père céleste connaît nos besoins » [5]


UN CHEMIN QUI conduit au détachement chrétien, qui est en même temps un « attachement » à ce que nous désirons véritablement, est celui de la reconnaissance. Lorsque nous ne tenons pas pour acquise l’affection que nous souhaitons recevoir, nous apprenons à nous ouvrir à toutes ses formes, quelles qu’elles soient. De même, nous abandonnons les pauvres certitudes que les biens, voire les créatures, nous offrent, pour découvrir mille et une manifestations de l’amour simple que les autres nous portent.

Le 28 février 1964 saint Josémaria est entré dans sa chambre et a été surpris de voir qu’il y avait un couvre-lit sur son lit, habituellement sans rien. Au bout de deux jours, il a appelé au téléphone une de ses filles pour l’en remercier : « Merci, ma fille, que Dieu te bénisse ! Quelle ne fut pas ma surprise l’autre jour en entrant dans ma chambre ! Pensant que je m’étais trompé, je me suis dit : Josémaria, te voilà riche ! Depuis 36 ans, c’est la première fois que j’ai un couvre-lit. Tu as bien vu que pendant toutes ces années j’ai beaucoup insisté auprès de vous pour être le dernier » [6].

« La vie de tout homme, de tout chrétien en particulier devrait se caractériser par une attitude de gratitude […]. C’est une attitude “eucharistique”, qui vous donne la paix et la sécurité dans les travaux, vous libère de toute affection égoïste et individualiste, vous rend docile à la volonté du Très-Haut, même dans les exigences morales les plus difficiles […]. Être reconnaissant, c’est croire, aimer, donner, et avec joie et générosité ! » [7] Nous demandons à la Vierge Marie, qui a reçu dans une parfaite reconnaissance les qualités dont Dieu l’a comblée, le courage de ne pas nous attacher aux choses de ce monde, mais de mettre notre confiance surtout en notre Père du ciel.

APPROFONDISSEMENT DE LA PAROLE DE DIEU :

“Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent“

Prière

Seigneur Jésus, tu connais les désirs de mon cœur et les attachements qui peuvent m’éloigner de ton cœur. Je veux aujourd’hui écouter ta Parole sur l’argent, les biens matériels et leur véritable place dans ma vie. Délivre-moi de toute illusion et apprends-moi à utiliser les biens de ce monde comme un serviteur fidèle, en recherchant avant tout le bien véritable et la vie éternelle. Amen.

Demande

Seigneur Jésus, libère mon cœur de toute idolâtrie de l’argent et apprends-moi à utiliser mes biens avec justice, sagesse et charité.

Réflexion

  1. L’argent peut devenir une idole
    Jésus nous dit : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » L’argent, et tout ce qu’il permet d’obtenir, peut devenir pour nous une idole. Sans même nous en rendre compte, nous pouvons en venir à le traiter comme s’il était un dieu. Au temps de Jésus, certains l’appelaient « Mammon », comme s’il s’agissait d’une divinité capable de nous procurer le bonheur, la valeur et la sécurité.
    Sous l’emprise de cette idole, nous croyons que c’est seulement en possédant de belles choses que nous pourrons être heureux, que nous pourrons devenir une personne de grande valeur. Mais c’est une tromperie. L’idolâtrie de l’argent n’apporte ni le bonheur ni la sécurité que nous recherchons. Elle nous rend insatisfaits et nous encourage à obtenir « toujours plus », comme si une nouvelle acquisition pouvait enfin combler le vide de notre âme.
    Alors, nous pouvons commencer à tout dépenser pour nous-mêmes, parfois même à dépenser plus que nous ne gagnons, en accumulant des dettes dangereuses. Et ensuite, Mammon nous persuade que nous n’avons pas assez pour aider les personnes en difficulté. L’argent qui devait être un moyen devient progressivement un maître. Il nous rend esclaves de nos désirs et détourne notre cœur de Dieu et du prochain.
    Jésus veut nous libérer de ce faux dieu tyrannique. Il ne nous demande pas de rejeter tous les biens matériels, mais de refuser de leur donner la première place. Dieu seul doit être notre Seigneur. Lui seul peut remplir notre cœur, donner un sens à notre vie et nous conduire au bonheur véritable.
    L’argent est-il pour moi un instrument au service du bien ? Ou commence-t-il à devenir une idole qui dirige mes choix ?
  2. L’argent au service de la charité
    L’argent n’est pas mauvais en lui-même. Il est un moyen utile pour échanger des biens et des services. Par exemple : s’il n’y avait pas d’argent, pour se procurer un nouveau camion de transport, le propriétaire d’un poulailler devrait confier des milliers d’œufs au concessionnaire automobile ; et que ferait donc ce dernier de tous ces œufs qui vont vite se périmer ?  L’argent est donc utile.
    Saint Thomas d’Aquin souligne que l’argent n’est pas le but de notre vie ; il est un moyen qui lui est subordonné. Et lorsque Jésus l’appelle « argent malhonnête », il souligne qu’il peut devenir, pour nous, une idole qui nous rend injustes et malhonnêtes.  Mais, en tant que moyen, il peut aussi être utilisé pour accomplir le bien.   
    C’est ici que s’applique la deuxième partie du grand commandement : « Aime ton prochain comme toi-même. » « Aime-toi toi-même » signifie qu’il est légitime de pourvoir à nos besoins essentiels : nous nourrir, nous loger, nous soigner, travailler, nous former et prendre soin de notre famille. Nous ne sommes pas obligés de vivre dans la misère, et il est sage de prévoir l’avenir avec prudence.
    Mais Jésus ajoute : « Aime ton prochain comme toi-même. »  Il faut constater que les biens de la terre ne sont pas répartis de manière égale entre les hommes. Certains possèdent beaucoup plus que le nécessaire, tandis que d’autres manquent de l’essentiel. Dieu nous appelle alors à collaborer avec lui pour mieux partager ses biens. Ce que nous avons en plus nous est confié pour soulager les besoins de nos frères.
    En plus d’aider notre prochain, cette générosité avec nos biens nous fait du bien.  Jésus dit : « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, lorsqu’il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. » Lorsque nous employons notre argent pour aider, éduquer, soigner, évangéliser ou soutenir quelqu’un, nous transformons un bien passager en un acte d’amour qui crée de véritables amitiés. Cette générosité et ces amitiés nous rendront plus heureux que l’accumulation d’objets luxueux. De fait, notre valeur ne vient pas de ce que nous possédons, mais de l’amour que nous recevons de Dieu et que nous savons donner.
    De plus, les personnes que nous aidons demanderont à Dieu de nous accueillir dans le bonheur sans fin du ciel : voilà le plus grand bien que nous puissions obtenir au cours de notre vie terrestre.
    Suis-je prêt à revoir l’usage de mes biens, afin que l’argent soit davantage au service de Dieu et de mes frères ?

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, tu connais les désirs de mon cœur et les attachements qui peuvent m’éloigner de toi. Pardonne-moi lorsque je recherche dans l’argent les possessions ou le prestige social, la sécurité et la valeur que je ne peux recevoir que de toi.
Apprends-moi à utiliser mes biens avec sagesse et générosité. Aide-moi à pourvoir à mes besoins sans devenir esclave du « toujours plus », et à regarder les personnes en difficulté comme des frères et des sœurs que tu me confies.
Que l’argent ne soit jamais mon maître. Qu’il devienne, entre mes mains, un moyen de servir, de partager et de m’ouvrir la porte du bonheur éternel. Amen.

Résolution

Aujourd’hui, je ferai un examen honnête de ma relation avec l’argent, et je verrai si je peux mieux le gérer afin de venir davantage en aide à des personnes dans le besoin. 


[1]. Pape François, Message pour la Ve Journée Mondiale des Pauvres 14 novembre 2021, XXXIIIe dimanche du temps ordinaire.

[2]. Saint Josémaria, Chemin de Croix, Ve station.

[3]. Sainte Thérèse d’Avila, Chemin de perfection, 33, 2.

[4]. Saint Josémaria, Sillon, n° 795.

[5]. Saint Jean Paul II, Audience générale, 24 mars 1999.

[6]. Saint Josémaria, témoignage cité dans A. Vazquez de Prada, Le fondateur de l’Opus Dei, vol. III, Le Laurier, Paris.

[7]. Saint Jean Paul II, Homélie, 9 novembre 1980.

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