LES SAINTS DU JOUR
Saint Côme et Saint Damien, martyrs
Lecture et Méditation
Lectures de la messe
Première lecture
« Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que la poussière retourne à la terre, et le souffle, à Dieu » (Qo 11, 9 – 12, 8)
Lecture du livre de Qohèleth
Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence,
et sois heureux aux jours de ta jeunesse.
Suis les sentiers de ton cœur
et les désirs de tes yeux !
Mais sache que pour tout cela
Dieu t’appellera en jugement.
Éloigne de ton cœur le chagrin,
écarte de ta chair la souffrance
car l’adolescence et le printemps de la vie
ne sont que vanité.
Souviens-toi de ton Créateur,
aux jours de ta jeunesse,
avant que viennent les jours mauvais,
et qu’approchent les années dont tu diras :
« Je ne les aime pas » ;
avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière,
la lune et les étoiles,
et que reviennent les nuages après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison,
où se courbent les hommes vigoureux ;
où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre,
où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte se ferme sur la rue,
quand s’éteint la voix de la meule,
quand s’arrête le chant de l’oiseau,
et quand se taisent les chansons ;
lorsqu’on redoute la montée
et qu’on a des frayeurs en chemin ;
l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit,
et la câpre ne produit aucun effet ;
lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité,
et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d’argent se détache,
que la lampe d’or se brise,
que la cruche se casse à la fontaine,
que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre
comme elle en vint,
et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, disait Qohèleth,
tout est vanité !
– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)
R/ D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)
Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.
Évangile
« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. Les disciples avaient peur de l’interroger sur cette parole » (Lc 9, 43b-45)
Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
comme tout le monde était dans l’admiration
devant tout ce qu’il faisait,
Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant :
le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole,
elle leur était voilée,
si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens,
et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Lectures de la messe
Première lecture
« Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que la poussière retourne à la terre, et le souffle, à Dieu » (Qo 11, 9 – 12, 8)
Lecture du livre de Qohèleth
Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence,
et sois heureux aux jours de ta jeunesse.
Suis les sentiers de ton cœur
et les désirs de tes yeux !
Mais sache que pour tout cela
Dieu t’appellera en jugement.
Éloigne de ton cœur le chagrin,
écarte de ta chair la souffrance
car l’adolescence et le printemps de la vie
ne sont que vanité.
Souviens-toi de ton Créateur,
aux jours de ta jeunesse,
avant que viennent les jours mauvais,
et qu’approchent les années dont tu diras :
« Je ne les aime pas » ;
avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière,
la lune et les étoiles,
et que reviennent les nuages après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison,
où se courbent les hommes vigoureux ;
où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre,
où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte se ferme sur la rue,
quand s’éteint la voix de la meule,
quand s’arrête le chant de l’oiseau,
et quand se taisent les chansons ;
lorsqu’on redoute la montée
et qu’on a des frayeurs en chemin ;
l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit,
et la câpre ne produit aucun effet ;
lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité,
et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d’argent se détache,
que la lampe d’or se brise,
que la cruche se casse à la fontaine,
que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre
comme elle en vint,
et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, disait Qohèleth,
tout est vanité !
– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)
R/ D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)
Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.
Évangile
« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. Les disciples avaient peur de l’interroger sur cette parole » (Lc 9, 43b-45)
Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
comme tout le monde était dans l’admiration
devant tout ce qu’il faisait,
Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant :
le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole,
elle leur était voilée,
si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens,
et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Méditation de ce Samedi en profondeur…
Les thèmes proposés pour la méditation sont :
– Admiration pour le Christ et vie contemplative
– La Croix est toujours près de nous
– La vie comme dialogue avec Dieu
L’ÉVANGÉLISTE saint Luc note que à l’égard de Jésus « tous étaient frappés d’étonnement » (Lc 9, 43). Il n’est pas difficile d’imaginer les raisons de cette renommée. D’une part, le Seigneur parlait avec une autorité et un charisme qui attiraient les foules. De plus, ses enseignements n’étaient pas de simples paroles, mais s’accompagnaient d’actes. Ses miracles ont affirmé son origine divine, et son mode de vie a reflété la miséricorde de Dieu. Aucun de ceux qui ont vu Jésus ne pouvait rester indifférent à la richesse de sa personnalité et au trésor de ses paroles.
Cette impression profonde que Jésus a laissée sur ses disciples l’a aussi laissée sur nous ; c’est un sentiment qui, Dieu merci, se renouvelle à des moments précis, mais nous voudrions qu’il soit toujours présent. L’admiration consiste à regarder d’un œil neuf ce que l’on aime, car il n’y a pas d’amour qui n’ait un goût de nouveauté. Une personne amoureuse ne se lasse pas de contempler l’être aimé ; non pas tant par curiosité que par désir de continuer à en apprécier toutes les richesses. C’est précisément ce qu’est la vie contemplative : savoir que Jésus est proche et ne jamais se lasser d’entrer dans son mystère.
Comme toute relation, la vie de prière est un voyage sur lequel on progresse petit à petit. « D’abord une oraison jaculatoire, puis une autre, et une autre… jusqu’à ce que cette ferveur semble insuffisante, tant les mots paraissent pauvres… : alors on donne libre cours à l’intimité divine, dans une contemplation de Dieu qui ne connaît ni repos, ni fatigue » [1]. Il s’agit de s’abandonner entre ses mains et de le laisser nous conquérir : « on donne libre cours à l’intimité divine, dans une contemplation de Dieu qui ne connaît ni repos, ni fatigue. Nous vivons alors comme des captifs, comme des prisonniers. Tandis que nous réalisons avec la plus grande perfection possible, malgré nos erreurs et nos limites, les occupations propres à notre condition et à notre métier, notre âme désire ardemment s’échapper. Elle va vers Dieu, comme le fer attiré par la force de l’aimant » [2].
NOUS POURRIONS être surpris de la façon dont Jésus réagit à l’admiration qu’il suscitait. Au lieu de se réjouir de leurs regards étonnés, il leur parle de la Croix, comme pour montrer que la vraie contemplation ne peut pas être séparée d’une profonde purification intérieure : « Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes » (Lc 9, 44).
Le Christ a clairement indiqué, à d’innombrables reprises, que « la foi ne peut être réduite au sucre qui adoucit la vie » [3]. Peut-être que certains de ceux qui ont suivi Jésus l’ont fait par désir d’être assurés d’une existence un peu plus confortable ou simplement pour avoir le sentiment de faire partie du groupe dirigé par un prophète célèbre. Mais ce n’était pas le message du Christ : l’amour authentique va de pair avec la vérité, avec la réalité, et ne peut ignorer la douleur. « N’oubliez pas, écrivait saint Josémaria, qu’être avec Jésus c’est certainement rencontrer sa Croix. Lorsque nous nous abandonnons entre les mains de Dieu, il permet souvent que nous goûtions la douleur, la solitude, la contradiction, la calomnie, la diffamation, la moquerie au dedans de nous-mêmes et de l’extérieur, parce qu’il veut nous rendre conformes à son image et à sa ressemblance » [4].
Contempler le visage du Christ, entrer dans le mystère de son amour, signifie découvrir les messages de ses plaies, s’ouvrir à la douleur de son cœur, même chez ceux qui souffrent près de nous. C’est pourquoi la prière contemplative, qui est « la respiration de l’âme et de la vie » [5], exige la mortification intérieure : cette lutte sereine mais déterminée pour avoir tous nos sens libres afin de les mettre en Jésus et de vivre les choses comme il les vit. Si notre prière nous unit au Christ, elle nous unira aussi aux problèmes du monde et les assumera dans la perspective de Dieu.
« MAIS LES DISCIPLES ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens » (Lc 9, 45). La foule qui entourait Jésus était déconcertée lorsqu’elle a entendu ses paroles sur la Croix. Il leur semblait étrange que quelqu’un doté d’un si grand pouvoir, capable même de ressusciter les morts, leur parle de sa fin douloureuse. Ils ne pouvaient pas comprendre que Jésus, au milieu de son triomphe palpable, décrive sa future défaite. Ses paroles semblaient contredire l’ambiance générale de joie et d’espoir.
Cependant, au lieu de commenter leurs désaccords avec Jésus, « ils avaient peur de l’interroger sur cette parole » (Lc 9, 45). Leur admiration pour le Seigneur s’est souvent révélée être un mélange de connaissance superficielle et de révérence craintive. Jésus, cependant, les invite à faire de cette contemplation non seulement l’impression d’un moment passager, l’émotion d’un instant, mais à opérer un changement profond dans leur vie : il leur propose de comprendre toute l’existence comme un dialogue avec Dieu.
Cette union de notre cœur avec le cœur du Christ nous permet de regarder le monde avec des yeux nouveaux. Nous découvrons, même dans les ombres de l’histoire et de notre propre biographie, une lueur de lumière divine. « Jésus était un maître de ce regard. Dans sa vie, il n’a jamais manqué les temps, les espaces, les silences, la communion amoureuse qui permet à l’existence de ne pas être dévastée par les épreuves inévitables, mais de garder intacte la beauté » [6]. Marie, éducatrice de la prière, peut nous obtenir la grâce d’avoir un cœur contemplatif comme le sien.
APPROFONDISSEMENT DE LA PAROLE DE DIEU :
“Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes“
Prière
« Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, (…) avant que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné. » (Si 12, 1.7)
Demande
Être fidèle au Christ, en tout temps et à toute heure.
Réflexion
- Contexte
La liturgie de ce jour est particulièrement riche. En effet, la première lecture et le psaume nous rappellent une vérité fondamentale : un jour nous allons quitter cette terre où notre corps retournera à la poussière et où notre souffle ira rejoindre Dieu. Une vérité simple mais des plus puissantes ! Le fait que l’homme soit la seule créature sur terre à penser au passé, au présent et au futur implique qu’il se fixe des objectifs. Ces objectifs lui permettent de mettre en œuvre tout un mécanisme d’actions et de comportements pour les atteindre. Il y a un objectif que nous ne nous sommes pas posés mais qui nous a été donné, et dont chacun dispose : celui d’aller à Dieu. Nous sommes nés sur terre pour aller au ciel. La vérité de la mort dans nos vies nous permet alors d’œuvrer et d’adopter les comportements pour rejoindre cet objectif. - Le conseil de la première lecture revêt toute son importance : en tout temps et à toute heure, sois proche de ton Créateur ! L’Évangile est plus mystérieux mais va dans le même sens : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Jésus est conscient de son futur, il est conscient qu’il va mourir par la main des hommes. Sa mort est nécessaire pour que je vive. Sans sa mort, il n’y a pas de Résurrection, les portes du paradis ne seraient pas ouvertes. De là, une de ses attitudes toujours présente dans sa vie : sa relation avec le Père. C’est cela même que le Christ nous a enseigné et montré par son exemple.
- La vie des martyrs nous rappelle le sacrifice que notre Seigneur a réalisé pour que nous ayions la vie. Le témoignage des martyrs n’est rien d’autre que de reproduire ce que le Christ a accompli pour nous : donner sa vie pour que les autres puissent aller au paradis. Saint Côme et saint Damien, que nous fêtons aujourd’hui, nous invitent à donner notre vie à la suite du Christ. Pourquoi ? Afin que les autres vivent. La mort nous rappelle que nous ne sommes que de passage ici, mais que les portes du paradis n’ont été ouvertes que par la mort de notre Seigneur. Remercions-le pour son sacrifice et cheminons, nous aussi, sur ses pas, comme les saints martyrs que nous célébrons aujourd’hui, afin que d’autres aient la vie.
Dialogue avec le Christ
Marie, toi qui as vécu avec Jésus, aide-nous à vivre chaque jour avec lui et apprends-nous à l’imiter pour donner la vie.
Résolution
Lire la biographie de saint Côme et saint Damien et donner un témoignage de ma foi aujourd’hui.
[1]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 296
[2].Ibid.
[3]. Pape François, Homélie. 15 septembre 2021.
[4]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 301.
[5]. Benoît XVI, Audience générale, 25 avril 2012.
[6]. Pape François, Audience générale, 5 mai 2021