web analytics
Menu Close

La Parole de Dieu du Mercredi de la 31e semaine du Temps Ordinaire A (04/12/2026)

suivre jesus avec sa croix

LE SAINT DU JOUR

Saint Charles Borromée, évêque

Lecture et Méditation

Lectures de la messe

Première lecture

« Travaillez à votre salut, car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action » (Ph 2, 12-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

    Mes bien-aimés,
vous qui avez toujours obéi,
travaillez à votre salut
avec crainte et profond respect ;
ne le faites pas seulement quand je suis là,
mais encore bien plus maintenant que je n’y suis pas.
    Car c’est Dieu qui agit
pour produire en vous la volonté et l’action,
selon son projet bienveillant.
    Faites tout sans récriminer et sans discuter ;
    ainsi vous serez irréprochables et purs,
vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache
au milieu d’une génération tortueuse et pervertie
où vous brillez comme les astres dans l’univers,
    en tenant ferme la parole de vie.
Alors je serai fier de vous
quand viendra le jour du Christ :
je n’aurai pas couru pour rien ni peiné pour rien.
    Et si je dois verser mon sang
pour l’ajouter au sacrifice
que vous offrez à Dieu par votre foi,
je m’en réjouis et je partage votre joie à tous.
    Et vous, de même, réjouissez-vous
et partagez ma joie.

            – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 26 (27), 1, 4, 13-14)

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut. (Ps 26, 1a)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage :
espère le Seigneur. »

Évangile

« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)

Alléluia. Alléluia.
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ,
heureux êtes-vous :
l’Esprit de Dieu repose sur vous.
Alléluia. (1 P 4, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    de grandes foules faisaient route avec Jésus ;
il se retourna et leur dit :
    « Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.

    Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.
    Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
    Car, si jamais il pose les fondations
et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
    “Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !”
    Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
    S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.

    Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation de ce Mercredi en profondeur…

Les thèmes proposés pour la méditation sont :

– Tout abandonner pour le Christ est un don
– Considérer d’abord les dons reçu
– Le fruit du portement de la Croix


DANS L’ÉVANGILE de la messe d’aujourd’hui, saint Luc nous rapporte quelques propos de Jésus qui nous ont peut-être surpris : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple (Lc 14, 25). Dans plusieurs livres de l’Ancien Testament, les verbes « aimer et haïr » sont employés pour exprimer une préférence définitive, un choix fort. On dit que Jacob aimait Rachel el haïssait Léa (cf. Gn 29, 30), ou que le Seigneur a aimé Jacob et haï Ésaü (cf. Rm 9, 13). En ce sens, les propos de Jésus nous apprennent que se mettre à sa suite passe avant tout autre chemin sur cette terre. « Nous devons avoir de la charité pour tous, les proches parents, les étrangers, mais sans nous écarter de l’amour de Dieu à cause de l’amour que nous leur portons » [1], commentait saint Grégoire le Grand. « On pourrait traduire les paroles du Christ par aimer plus, aimer mieux, ou par ne pas aimer d’un amour égoïste ni d’un amour à courte vue : nous devons aimer de l’amour de Dieu » [2].

Lorsque nous comprenons que ce que Jésus nous demande est avant tout un don, nous pouvons répondre généreusement en retour. Jésus appelle tout le monde. Il veut partager avec tous ce qu’il a de plus grand, un amour vrai et inconditionnel, c’est pourquoi il nous demande d’être libres pour l’accueillir. C’est alors que les autres réalités terrestres prennent leur juste place dans notre existence. À un autre moment de sa vie, nous entendons Jésus nous dire : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 29-30).


APRÈS AVOIR invité ses auditeurs à un don total de soi, Jésus propose deux exemples un peu déconcertants. Il leur parle d’abord d’un homme qui, ayant décidé de bâtir une tour, ne s’est pas assis pour en calculer la dépense. Dans le deuxième cas, il évoque la bataille qu’un roi doit engager contre un autre roi, soulignant la nécessité de s’asseoir pour réfléchir à la possibilité d’une victoire. Il est curieux que, juste après leur avoir demandé de tout donner, Jésus parle de calculs et de délibérations.

Le Seigneur voulait peut-être nous faire penser à une constante de sa vie, à savoir : que le vrai don de soi découle d’une réflexion sur un don préalable : de facto, le don de soi, même s’il semble venir de nous, répond en réalité à une incitation silencieuse de Dieu. La nuit qui a précédé sa Passion, Jésus a anticipé le sacrifice rédempteur par ces mots : « Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même » (Jn 10, 18). Et pour que tout soit encore plus clair, c’est dans la joie qu’il fait don de sa vie : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc 22, 15). Le don total de soi jaillit de la reconnaissance pour un grand don reçu gratuitement. Jésus remercie son Père pour toute la bonté qu’il est sur le point de déverser sur le monde ; il reconnaît qu’il est heureux de pouvoir prendre part à la rédemption des hommes. C’est de là que jaillit un don de soi sans calcul ni mesure.

À la lumière de ces exemples évangéliques, nous pouvons considérer ce que nous avons reçu et voir quels sont les moyens dont nous disposons. Si nous voulons bâtir une tour pour monter jusqu’au ciel ou remporter la bataille de notre vie, nous devons d’abord réfléchir aux armes dont nous disposons. Le plus souvent, ce n’est pas la sincérité qui nous manque,ni le désir de remercier Dieu, mais nous n’apprécions peut-être pas assez la force et le moyen le plus puissant dont nous disposons : l’appel du Seigneur et le Seigneur Lui-même. Si nous voyons en Dieu un concurrent, nous verrons ses demandes comme des pertes pour nous. Si nous le découvrons comme quelqu’un qui est de notre côté, nous serons prêts à entreprendre tout ce qu’il faudra.


ARRÊTONS-NOUS à un détail qui pourrait paraître insignifiant, dans les deux exemples de Jésus : avant de commencer la construction et avant d’engager la bataille, les deux décisions doivent être prises dans la position assise. S’asseoir à considérer si nous pourrons bâtir la tour ou remporter une bataille peut traduire l’effort de rentrer en soi-même pour discerner si nous plaçons notre confiance essentiellement en Dieu, sans céder à l’autosuffisance, et encore moins céder aux solutions de facilité pour résoudre les problèmes. Pour suivre le Christ avec magnanimité, la bataille intérieure est la première et la plus importante. On peut donc dire qu’« il y a une guerre plus profonde que nous devons combattre, tous ! C’est la décision forte et courageuse de renoncer au mal et à ses séductions et de choisir le bien, prêts à payer de notre personne : voilà ce que signifie suivre le Christ, précisément prendre sa croix ! » [3]

Lorsque l’on vit pour les grandeurs de Dieu, en se fiant à lui, « toutes ces petites souffrances, prises et embrassées avec amour, contentent extrêmement la Bonté divine, laquelle pour un seul verre d’eau a promis la mer de toute félicité à ses fidèles ; et parce que ces occasions se présentent à tout moment, c’est un grand moyen pour rassembler beaucoup de richesses spirituelles que de bien les employer » [4]. Saint Josémaria a fait le commentaire suivant à ceux qui l’entourait, alors qu’il participait à une bénédiction avec un fragment du Lignum Crucis,  : « Après la bénédiction, nous allons embrasser la croix, mais en disant sincèrement que nous l’aimons, parce que nous n’y voyons plus ce qui nous coûte ou ce qui pourrait nous coûter, mais la joie de pouvoir nous donner, en nous détachant de tout pour trouver tout l’amour de Dieu » [5]

La Vierge Marie a été capable de se tenir au pied de la Croix, ayant tout remis entre les mains de Dieu, y compris son fils. Peut-être une action de grâce a-t-elle jailli de son cœur en constatant ce que Dieu fait pour les hommes, à quel point il nous aime. Même si cela comporte la douleur de perdre temporairement Jésus. « Au milieu des ténèbres de la passion et de la mort de son Fils, elle continua à croire et à espérer dans sa résurrection, dans la victoire de l’amour de Dieu » [6].

APPROFONDISSEMENT DE LA PAROLE DE DIEU :

“Choisir le chemin du Seigneur“

Prière

Seigneur Jésus, me voici en ta présence. Que ton Saint-Esprit me guide et m’inspire dans ma prière. Je veux être à ton écoute.

Demande

Seigneur, donne-moi un cœur sage, capable de discerner ta très sainte volonté.

Réflexion

  1. Il y a mille et une chose que nous pouvons accomplir tous les jours pour le Christ et pour notre prochain. Mais comme le déclare saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens : « Tout est permis, dit-on, mais je dis : Tout n’est pas bon. Tout est permis, mais tout n’est pas constructif. » (1 Co 10, 23) Il nous invite ainsi à discerner si le bien que nous souhaitons faire correspond réellement à la volonté du Seigneur.
    Je peux me consacrer à de nombreuses bonnes œuvres mais je dois aussi prendre en compte mes limites. Un époux ou une épouse qui consacre tout son temps au bénévolat fera certes beaucoup de bien mais risque aussi de faire beaucoup de tort à son couple et à ses enfants. Ce n’est pas parce qu’une chose est bonne en soi que le Seigneur la veut nécessairement pour moi.
  2. Dans la parabole du constructeur de la tour et du roi qui part en guerre, le Christ nous donne un critère important pour discerner si un projet entre véritablement dans le plan de Dieu pour moi. Le Seigneur ne me demandera jamais d’entreprendre un projet sans me donner les moyens de l’achever.
    Voilà pourquoi il est important de prendre le temps de présenter nos projets au Seigneur dans la prière et de les soumettre à la réflexion afin de chercher une réponse à cette question : ai-je réellement les moyens pour achever ce projet ? Il faut prendre en compte non seulement nos talents, nos ressources, le temps dont nous disposons et l’aide que nous pouvons trouver auprès des autres mais aussi la grâce de Dieu. Certains projets peuvent nous dépasser humainement mais devenir possibles avec l’aide du Seigneur.
  3. Ce qui est certain, c’est que marcher à la suite du Christ est un chemin exigeant qui nous invite parfois à renoncer à nos sécurités humaines, à prendre notre croix et à le suivre. Mais n’oublions pas que cette radicalité de l’Évangile nous donne aussi de participer à sa gloire de Ressuscité. Dans l’Évangile de saint Mathieu, Jésus nous rappelle : « Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » (Mt 19, 29)

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, tu as fait tant de bien pour moi tout au long de ma vie. Je voudrais tellement te le rendre en accomplissant de nombreuses bonnes choses pour toi et pour mon prochain afin de redonner, ne serait-ce qu’un peu d’amour que j’ai reçu de toi. Mais je sais que je ne pourrai jamais tout te rendre. Je reconnais mes limites et ma faiblesse. Aide-moi à discerner la meilleure façon de répondre à ton amour avec les moyens dont je dispose.  

Résolution

Je vais présenter au Seigneur mes projets, avec un cœur libre et détaché, et lui demander de m’aider à discerner ce qu’il veut véritablement pour moi.


[1]. Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, 37, 3.

[2]. Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 97.

[3]. Pape François, Angélus, 8 septembre 2013.

[4]. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, ch. 35.

[5]. Saint Josémaria, propos du &’ septembre 1969, cités dans X. Echeverria, Mémoire du bienheureux Josémaria Escriva, Rialp, Madrid, 2000, p. 217.

[6]. Pape François, Audience générale, 1er mars 2017.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *